Coups de coeur romans

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Coups de coeur romans

Message par Fredo le Mar 26 Aoû - 17:44


Marketing Viral de Marin Ledun
Présentation de l'éditeur
:
A l’université de Grenoble, Nathan Seux travaille sur la sexualité. Ses recherches convergent vers un étrange laboratoire qui prétend utiliser génétique et nanotechnologies dans des buts alarmants : marketing, contrôle du corps et de l’esprit, « amélioration de l’homme ». Il cherche à en savoir plus, mais ses étudiants sont assassinés les uns après les et toutes ses pistes semblent déboucher sur des bains de sang.
En Allemagne, aux Etats-Unis et en France, un mystérieux groupe se revendique de cultes préchrétiens disparus et œuvre clandestinement à l’avènement des anciens dieux.
Quels liens unissent tous ces scientifiques apprentis sorciers en quête d’un « homme meilleur » ? Et qui est vraiment la jeune Jézabel, élevée dans le secret par un père paranoïaque et promise à un grand destin ? Pourchassés, acculés, Nathan et ses amis vont essayer de mettre à jour et de déjouer une menace bien plus terrifiante que tout ce qu’ils osaient imaginer.


Quand on nous parle de techno-thriller, quelques noms viennent assez rapidement : Michael Crichton, Tom Clancy, Carl Sagan, Douglas Preston & Lincoln Child, John Katzenbach, etc.
Du côté des auteurs français, nous citerons Guillaume Lebeau, Gilles Haumont (et il y en a d’autres) et désormais Marin Ledun avec Marketing Viral.

Voici une définition du genre, trouvée sur le wikipedia :

Le techno-thriller est un genre de la littérature, du cinéma, du jeu vidéo et de la bande dessinée populaires. Il consiste à développer une intrigue contemporaine de politique-fiction catastrophe (guerre, menace terroriste majeure, etc) dont la résolution passe par l'usage de moyens militaires de haute technologie et par des actes héroïques individuels. Le procédé narratif cherche à maximiser la vraisemblance en faisant appel au style des documentaires romancés, en introduisant des personnages réels emblématiques (Chefs d'État) parmi les protagonistes et en décrivant avec force détails les systèmes d'armes les plus récents et donc a priori les plus secrets.



Premier pas donc de l’auteur dans cet univers où il se trouve particulièrement à l’aise. Le souci du détail de son personnage principal, Nathan Seux, et sa manière de cogiter n’est pas sans rappeler ce qui fait le charme des histoires de Harry Bosch dans les romans de Michael Connelly. Lui aussi a l’art de mettre le doigt sur le détail qui va tout déclencher, même si il faut pour cela, qu’il compulse des tonnes et des tonnes de documents.

Et quand on parle de soucis du détail d’un personnage, on se doit d’évoquer son géniteur, Marin. Il aura insufflé la vie à sa créature en faisant en amont de méticuleuses recherches pour lui donner une base de travail plus que conséquente. C’est une vulgarisation de trois univers (le marketing, la génétique et la nanotechnologie) et ce réalisme qui frappent le lecteur dès les premières pages.

Marin Ledun concède quelques emprunts au thriller dans sa construction. Une histoire dans le présent, qui alterne avec une autre dans le passé, avec les deux destins qui vont finalement fusionner. Mais le reste est raconté de manière tellement fluide, que le style ne semble s’inspirer d’aucun mécanisme littéraire.
C’est difficile à décrire comme impression mais dès le début de notre lecture, on oublie presque que c’est de la fiction. Le lecteur prend vite conscience qu’on lui raconte une histoire mais pas de la manière habituelle, tant l’auteur parvient à s’effacer pour juste laisser ses mots et ses personnages opérer leur magie sur nous. Un joli tour de passe-passe du romagicien Marie Ledun.

C’est le fond qui dirige l’embarcation, comme si un spécialiste venait nous parler du thème de son étude. En fait, les ressorts sont bien là mais suffisamment cachés pour nous donner l’impression que l’histoire vit sa propre vie, comme la boule de neige qui dévale la pente, en amassant de la matière.
C’est là où l’on peut créer un pont avec l’œuvre de Stephen King qui a toujours déclaré que certains de ses personnages devenaient autonomes et vivaient leur propre vie de fiction, sans suivre forcément le plan établi au départ. Le conteur s’efface pour laisser la place à ses créations. Nous sommes les cobayes de Marin Ledun, qui distille dans ses pages les nano-mots qui vont permettre au virus de se diffuser en nous et ainsi, de captiver notre attention, rien que cela !

La caractérisation des personnages est également excellente. On s’attache très vite à Nathan et à Jézébel. Et le point fort de Marin Ledun, c’est qu’il place en face de ses héros un vilain aussi attachant par sa carrure que par sa folie. Autant les héros sont humains et émouvants, autant il est monstrueusement dénué de toute humanité. Sa félonie envers ses paires lui donne une envergure particulière dans ce roman. Il a largement sa place sur le podium avec les autres héros du livre. Il n’y a pas de bons héros sans bons vilains. Et là, on peut penser que le vilain est à la hauteur de nos espérances de lecteurs…

Pour les amateurs de Transhumanisme et de Warren Ellis, on ne peut que conseiller la lecture de Marketing Viral qui ne devrait pas les dépayser, bien au contraire.
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Re: Coups de coeur romans

Message par Fredo le Mar 26 Aoû - 19:49



l'Histoire : Ariel Manto n’en croit pas ses yeux quand elle tombe sur un volume de La Fin des mystères dans une librairie de livres d’occasion. Elle connaît bien son auteur, un étrange scientifique victorien, et sait que les exemplaires de cet ouvrage sont réputés introuvables… et maudits. Le livre en sa possession, Ariel se retrouve propulsée dans une aventure mêlant foi, physique quantique, amour, mort… et tout ce qu’il advient quand on les mélange de façon imprudente.

Entre Matrix, Stephen King et Le Monde de Sophie, La Fin des mystères offre aux lecteurs une quête aussi haletante que romantique.

ATTENTION, DÉJÀ CULTE !
(Et sur la liste des best-sellers au Royaume-Uni.)

Jonathan Coe : « Un des romans les plus excitants depuis des années ! »
Philip Pullman : « Ingénieux, original, un tour de force bouillonnant d’intelligence. »
Douglas Coupland : « Un chef-d’œuvre pour son ton, une intrigue brillante qui vous conduit à repenser la nature même de votre existence et la réalité de l’univers ».
The New York Times : « Intelligent, racé, avec une intrigue de thriller époustouflante. »
Harper’s Bazaar : « Une des dix meilleures lectures de l’année (…) rappelle Donna Tartt avec une goutte de Marisha Pessl. »
The Observer : « (…) digne de Hermann Hesse ou Knut Hamsun. »
The Independent : « Ce livre peut changer votre vie. »

l'Auteur : Scarlett Thomas est née à Londres en 1972. Elle enseigne la littérature et l’écriture à l’université du Kent. La Fin des mystères est son quatrième roman.

Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Marie de Prémonville, le 20 Février 2008, aux éditions Anne Carrière


Maintenant, un choix s'offre à vous.

La fin des mystères de Scarlett Thomas
Editions Anne Carrière
Traduit par Marie de Prémonville


C’est une citation de Samuel Butler, page 11, qui introduit la première partie du roman :
« Non seulement rien n’est ni bien ni mal si ce n’est par la pensée, mais rien n’est en soi tant que la pensée ne l’a pas fait exister. »

L'héroïne, une amoureuse des livres, écrit des articles dans une revue et prépare une thèse sur les expériences de pensée : elle se plait à mettre la main sur les petites histoires qui expliquent les lois qui régissent notre univers. Elle part de la théorie du big bang, et rebondit d’un sujet à l’autre, en trouvant le fil rouge qui relit les mystères de notre univers.

"J'aime assez cette manière de parler de la science sans nécessairement utiliser le langage mathématique, en ayant plutôt recours à des métaphores. C'est comme ça que j'ai abordé tous mes articles. Pour chacune de ces idées ou de ces théories, on découvre qu'il y a une petite histoire qui les accompagne."
Ariel Manto, héroïne de la Fin des Mystères.

Les quelques expériences qui sont évoquées sont passionnantes à lire. Par exemple, quand la romancière aborde le sujet de la création de l'univers par un architecte suprême via la Montre de Paley, la traductrice Marie de Prémonville se charge de nous raconter l'histoire dans une belle note de bas de page :



Un promeneur marchant en pleine campagne et découvrant une montre dans l'herbe ne pourrait, selon lui (William Paley), que s'émerveiller de la conception remarquable des rouages. Il en attribuerait la provenance soit au travail d'un horloger intelligent (solution la plus évidente), soit au hasard, à la combinaison aléatoire de la pluie, du métal et des éclairs. La conclusion de Paley était la suivante : si le lecteur s'avouait convaincu par ce raisonnement concernant la montre, il admettait que l'explication la plus plausible de l'existence sur terre des êtes vivants était celle d'un architecte suprême.


Et si la vie n'était qu'une immense métaphore ? Dieu, la philosophie, l’art, la foi, la musique, les mathématiques, un roman, un rêve, un goût, la physique, l’amour, le sexe, la mort, tout peut être une métaphore.

La Fin des Mystères est définitivement un livre à part. Le degré d’attention que son lecteur va lui accorder va reposer sur la propension qu’à ce dernier, à projeter son univers personnel et son vécu dans ces pages. Chacun ressentira dans cette histoire un écho lui rappelant ses croyances et son optimisme, mais aussi ses désillusions et son pessimisme. Le livre est une expérience en lui-même puisqu’il vous cueille à un instant de votre vie, avec votre vision du monde du moment. Et il vous fait réfléchir sur vous-même et les autres, sur tout ce qui vous entoure.



Le destin a fait qu’à mi-parcours de ma lecture, j’ai appris la disparition d’un ami. Et la tempête occasionnée dans mon esprit par une telle tragédie a bien sûr conditionné ma manière de percevoir mon monde et ce livre. La mort d’un être cher m’a fait m’aventurer dans des « expériences de pensée » plutôt sombres et mystérieuses. Pas besoin d’évoquer ce que ce genre de perte peut éveiller de plus triste en soit, mais parlons plutôt du mystère, des questions qui restent sans réponse jusqu’au moment où votre conscience vous achemine vers un semblant de vérité.

« Pour la première fois depuis le début, je sens ma compréhension du monde changer progressivement, comme si c’était seulement maintenant – maintenant je sais que toute cette histoire est vraie – que je pouvais commencer à répondre à toutes les questions que je me pose, additionner toutes les bribes d’informations et toutes mes expériences. »
La Fin des Mystères, page 411.

Qu’est ce qui permet de voir ce que l’on ne voit pas d’habitude ? De découvrir la réponse à une question qui pendait sous votre nez depuis le début ? De voir les choses sous un autre jour ? De résoudre l’équation qui restait sans solution ? C’est une prise de conscience.



L’assimilation d’un fait nouveau qui nous permet de résoudre la fin du mystère. D’engrainer de nouveau et d’entamer l’introspection qui doit nous amener un début de réponse … C’est ce que Scarlett Thomas parvient à faire avec son lecteur, elle le force de manière naturel à confronter sa vision avec celle d’Ariel Manto.

Et je vous propose, à la fin de votre lecture, de relire la première phrase du roman, qui donne une toute autre perspective à l’histoire, c’est incroyable ! Et si nous étions déjà des acteurs de cette expérience de pensée en tant qu’explorateurs de la troposphère (nom donné à cette dimension que découvre l’héroïne), dès le moment où nous avons ouvert le livre ?

Scarlett Thomas prend au pied de la lettre le fait que son lecteur doit s’identifier à Ariel Manto. Vous allez le faire naturellement mais à l’issue de votre lecture vous allez véritablement comprendre que vous faites partie intégrante de cette histoire. C’est très efficace puisque, comme je vous le disais au début, chacun va assimiler cette histoire en y intégrant son vécu.

Encore plus troublant, quand on pousse un peu plus l’analyse : ce monde que découvre Ariel, est un monde que chacun voit différemment et habille selon son imaginaire. Un monde qui existe dans notre pensée. Et en quelle occasion avons-nous régulièrement l’occasion de créer un monde par notre propre pensée, notre vécu, via, par exemple, des métaphores ?

Pendant la lecture d’un livre.

Pour conclure, je reviendrai sur la belle trouvaille qu’est le titre du roman en français, la Fin des Mystères. Le titre original étant the End of Mr. Y, donc the End of Mystery.



On peut féliciter la traductrice Marie de Prémonville (la Tour Sombre de Stephen King, Noir Corbeau de Joel Rose, entre autre) pour l’excellent travaille qu’elle a effectué sur le manuscrit de Scarlett Thomas. Outre les nombreuses données scientifiques à restituer dans le contexte du roman, il fallait aussi une sensibilité au diapason de celle de Scarlett Thomas et de son personnage principal pour retranscrire ces pages. Une belle histoire signée Scarlett, Ariel et Marie.

À Stéphane Peru, notre ami, parti pour toujours dans le petit morceau de troposphère que l’on garde au fond de notre coeur, tu nous manques tellement…

C’est donc avec une citation de Samuel Butler que je vais conclure :
«Chaque homme est immortel : il peut savoir qu'il va mourir, mais il ne saura jamais qu'il est mort.»

Liens :
Le site de l’éditeur :http://www.anne-carriere.fr
Le site de la romancière : http://www.bookgirl.org
Le blog de la traductrice : http://mariedepremonville.blogspot.com
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Re: Coups de coeur romans

Message par Fredo le Mar 2 Sep - 20:01


Un dernier verre avant la guerre de Dennis Lehane
# Poche: 343 pages
# Editeur : Rivages (30 décembre 2000)
# Collection : Rivages Noir
# Langue : Français
# ISBN-10: 2743607386

Amis d'enfance, Patrick Kenzie et Angie Gennaro sont devenus détectives privés à Boston. Ils sont engagés par le politicien Mulkern pour retrouver Jenna Angeline, la femme de ménage noire du sénateur Paulson. À la veille du vote au Sénat d'une importante loi contre le terrorisme de rue, elle s'est enfuie avec des documents confidentiels. Rapidement, le duo de détectives découvre que ce ne sont pas des documents qui ont été volés, mais des photos accablantes pour le sénateur. Leur enquête, qui se déroule dans un climat d'extrême violence, déclenche une guerre entre les gangs de rue – constitués d'adolescents noirs – qui s'entretuent pour s'emparer du marché du crack.

Un dernier verre avant la guerre est sombre et plutôt douloureux pour "acteurs". Il a le goût de l’alcool et du sang. Il réveille les courbatures et les brûlures engendrées par les blessures. Heureusement que le sourire et la main d’Angie Gennaro viennent un peu réchauffer tout cela. Mais c’est bien ce qui fait le charme d’un roman noir. Une mise en avant de la noirceur par une faible présence de lumière. Comme une ombre qui se dessine devant des flammes.

« Il y a un bar au coin. Je vous paie un verre avant la guerre. » Devin, le flic.

Le dernier verre avant la guerre, c’est la dose d’alcool que l’on absorbe en espérant qu’elle va endormir la peur qui nous vrille le ventre. C’est quand on fait tourner les glaçons dans le verre avec mélancolie en se disant que ça sera peut être le dernier. Le calme avant la tempête.

Denis Lehane fait aussi bien parler ses personnages qu’il les fait penser. La narration via les pensées de Patrick Kenzie réserve quelques passages assez savoureux. Ce personnage torturé par des les souvenirs traumatisants de son enfance nous fait partager sa vision du monde qui l’entoure. Peu réjouissante donc, mais noire et réaliste. Il décrit très bien la laideur que l’on cache en nous, celle que l’on emprisonne mais qui nous fait faire des choses insensées quand on à le malheur de la libérer.

« Une fois que cette laideur nous a été inoculée de force, elle devient partie intégrante de votre sang, elle le dilue, elle bat dans votre cœur et en ressort en salissant tout sur son passage. La laideur ne s’en va jamais, ne sort jamais, quoi que vous fassiez. Celui qui pense autrement est un naïf. Tout ce que vous pouvez espérer faire, c’est la contrôler, l’enfermer tout entière dans une petite boule, dans un petit coin, et l’y contenir, un poids constant. »

Cette pensée du héros irait très bien avec un autre personnage de Denis Lehane, Jimmy Markum, « héros » consumé par la mort de sa fille dans Mystic River, un autre chef d’œuvre de l’auteur. Du coup, une fois terminée ce dernier verre, on a qu’une envie, le remplir à nouveau et attaquer le chapitre suivant des aventures de ces deux personnages très attachants.

À suivre donc avec Ténèbres, prenez-moi la main.

Par contre, on pourra coller un petit carton à l'éditeur Rivages, pour des bêtises que l'on ne devrait pas trouver dans un poche à 9 euros pièce :

* Des tirets de dialogue au début des discours du narrateur, à de multiples reprises.
* Une majuscule oubliée à un prénom en début de phrase.

C'est léger pour le moment, ça arrive mais bon, quand on veut vendre un poche à ce prix là, on est en droit en tant que lecteur, d'avoir le top du top et là, ce n'est pas le cas ... Surtout quand il s'agit d'un lire qui a du être ré édité depuis ...
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Re: Coups de coeur romans

Message par Fredo le Lun 15 Sep - 16:55



# Editeur : Editions Anne Carrière (8 octobre 2008)
# Langue : Français
# ISBN-10: 2843374766


L'Apocalypse selon Marie est le second roman de Patrick Graham, à paraitre le 08 octobre 2008. C'est la suite de L'Evangile selon Satan.



Je reviendrai vous en parler très bientôt...

voici la campagne de pub pour la France et pour l'étranger :





Source : éditions Anne Carrière
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Re: Coups de coeur romans

Message par Tonio le Lun 15 Sep - 17:05

OK, vu comme ça, je comprends mieux la fin du premier... Smile

Allez, hop, un petit scoop pour les aficionados de l'Evangile selon Satan (et vous êtes nombreux, à ce que dit la pub) : j'en écris actuellement l'adaptation BD, avec David Cerqueira au dessin. Ca sortira chez Soleil, mais je ne sais pas encore quand. - 1er tome en 2009 probablement.

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Re: Coups de coeur romans

Message par fanfan le Lun 15 Sep - 19:03

moi j'ai aimé l'essaim de Frank Schätzing


Voici le résumé :

Des baleines attaquent les touristes sur la côte canadienne, des bancs de méduses extrémement toxiques envahissent les plages, un pêcheur péruvien disparaît en pleine mer sans laisser de traces.... Quel rapport entre ces étranges événements? Sigur Johanson, jeune biologiste, devine l'imminence d'une catastrophe. La recherche de l'origine de ce chaos va alors confronter l'humanité à ses pires cauchemars...

Un thriller écologique qui va faire des vagues !

il est gros 1000 pages mais boudiou quel foutu bon livre !!!! en plus d'avoir une bonne intrigue et d'etre une aventure intense il a le merite de nous amener a mediter sur notre façon d'utilisé les energies que nous offre notre planete et des consequences a long terme sur son ecosysteme, malgré quelques longueur j'ai passer vraiment de bon moment ^^



Genre : Roman

Type : Thriller écologique

Pages : 1023

extrait:

14 janvier

À Huanchaco, sur la côte péruvienne

C'est en ce mercredi que se scella le destin de Juan Narciso Ucañian, mais le monde n'en fut pas informé.
Quelques semaines plus tard, l'information fut diffusée sur une vaste échelle, mais le nom d'Ucañian ne fut jamais prononcé. Car des noms, alors, il y en avait trop, et il faisait simplement partie du lot. S'il avait été possible de l'interroger immédiatement après et de lui demander ce qui s'était passé à l'aube de ce mercredi, la similitude avec des événements qui s'étaient produits au même moment tout autour du globe aurait sauté aux yeux. Et sans doute son avis, parce qu'il émanait d'un simple pêcheur, aurait-il mis en évidence une série de corrélations complexes qui ne sont devenues apparentes que plus tard. Mais Juan Narciso Ucañian ne dit mot, et le Pacifique, au large de Huanchaco, dans le nord du Pérou, ne révéla rien, lui non plus. Ucañian resta muet, comme les poissons qu'il avait pêchés toute sa vie durant. Lorsque, finalement, on le retrouva dans une statistique, l'affaire était déjà passée au stade supérieur et les détails le concernant personnellement ne présentaient plus qu'un intérêt mineur.
De la même manière, avant cette date fatidique du 14 janvier, il ne se serait trouvé personne pour lui accorder la moindre importance ou défendre ses intérêts.
Cette indifférence à son égard n'aurait pas étonné Ucañian.
Il ne se réjouissait pas du tout de l'évolution qui s'était opérée. Au fil du temps, le village de Huanchaco avait gagné ses galons de plage paradisiaque et était devenu un haut lieu du tourisme international. Les étrangers affluaient, enchantés par cet endroit où les autochtones sortaient en mer sur d'archaïques barques en jonc, mais lui, ça lui faisait une belle jambe. Ce qui était vraiment archaïque, c'était que certains continuent encore à sortir. Car la majeure partie de ses concitoyens gagnaient leur vie sur les chalutiers-usines et dans les usines de farine et d'huile de poisson, grâce auxquels le Pérou, en dépit de la raréfaction dudit poisson, continuait à figurer en tête des pays producteurs de pêche, avec le Chili, la Russie, les Etats-Unis et les grands pays asiatiques. En dépit d'El Niñio, Huanchaco s'étendait de tous côtés, les hôtels étaient à touche-touche, les dernières réserves de la nature étaient pillées sans vergogne. Tout le monde se débrouillait pour en tirer profit d'une façon ou d'une autre. Tout le monde, sauf Ucañian, à qui il ne restait pratiquement plus que sa petite barque si pittoresque, un caballito, un « petit cheval », nom qui leur avait été donné autrefois par les conquistadores, charmés. Mais, tel que c'était parti, les caballitos allaient bientôt disparaître à leur tour.
Le millénaire commençant avait visiblement décidé de se séparer d'Ucañian et de ses semblables.
Il ne savait plus où il en était. D'un côté, il avait le sentiment d'être puni. Par El Niñio, qui visitait le Pérou depuis la nuit des temps et dont il n'était pas responsable. Par les écologistes, qui dans leurs congrès discutaient surexploitation des océans et réduction des quotas, au point qu'on voyait littéralement les yeux accusateurs de ces politiciens se tourner vers les patrons de pêche, pour s'apercevoir soudain que c'était leur propre image qui leur était renvoyée comme par un miroir. Ensuite, leurs regards allaient se poser sur Ucañian, qui n'était pas plus responsable du désastre écologique que d'El Niñio. Ce n'était pas lui qui avait demandé la présence des usines flottantes, ni celle des chalutiers japonais et coréens tapis dans la zone des deux cents milles en attendant de pouvoir se ruer sur le poisson local. Ucañian n'était responsable de rien de tout cela, mais il finissait par en douter lui-même, commençait à se sentir vaguement coupable. Comme si c'était lui qui remontait de la mer les thons et les maquereaux par millions de tonnes.
Il avait vingt-huit ans et il était l'un des derniers de son espèce.
Ses cinq frères aînés travaillaient à Lima. Ils le prenaient pour un demeuré parce qu'il acceptait de sortir en mer, à bord d'une barque qui était pour ainsi dire l'ancêtre de la planche à voile, et d'attendre dans les eaux désertées de la côte que les bonites et les maquereaux veuillent bien mordre. Ils lui répétaient que c'était inutile, qu'on ne pouvait pas redonner du souffle aux morts. Or, c'était du souffle de son père qu'il s'agissait, son père qui, malgré ses soixante-dix ans tout proches, avait continué à sortir tous les jours. Sauf que depuis quelques semaines, c'était fini. Maintenant, le vieil Ucañian ne sortait plus. Il restait couché, avec une toux bizarre et des taches sur la figure, et il était en train de perdre la tête. Et Juan Narciso se cramponnait à l'idée qu'il pourrait garder le vieil homme en vie tant qu'il continuerait à maintenir la tradition.
Mille ans auparavant, bien avant l'arrivée des Espagnols, les ancêtres d'Ucañian, les Yunga et les Moche, utilisaient déjà ces barques en jonc. Ils peuplaient la côte tout du long, du Nord au Sud, jusqu'à la région de la ville actuelle de Pisco, et livraient leur poisson à la puissante métropole de Chan Chan. À l'époque, la région était riche en wachaques, des marais proches de la côte, alimentés par des sources d'eau douce souterraines. C'était là que poussaient en quantité les roseaux avec lesquels Ucañian et les survivants de son peuple continuaient à fabriquer leurs caballitos, exactement comme le faisaient les anciens. Pour construire un caballito, il fallait de l'adresse et la paix de l'âme. Le résultat était exceptionnel. Longue de trois à quatre mètres, avec une proue pointue qui s'arrondissait en montant très haut, légère comme une plume, cette barque de roseaux tressés était pratiquement insubmersible. Dans les temps anciens, c'était par milliers qu'elles fendaient les flots en sillonnant cette côte appelée « le Poisson d'Or » car, même les mauvais jours, on rentrait chargé d'un butin plus important que celui qu'Ucañian et ses pareils osaient à peine imaginer, à présent, dans leurs rêves les plus fous.
Mais les marais disparurent, et avec eux les joncs.
Au moins, El Niñio était prévisible. Tous les ans, autour de Noël, le courant de Humboldt, un courant d'ordinaire froid, était réchauffé par les alizés, appauvrissant la chaîne alimentaire, et les maquereaux, les bonites et les sardines restaient absents parce qu'ils ne trouvaient pas de quoi se nourrir. C'est pour cette raison que les ancêtres d'Ucañian avaient donné à ce phénomène le nom d' « El Niñio », autrement dit « l'Enfant Jésus ». Parfois l'Enfant Jésus se contentait de chambouler un peu la nature, mais, tous les quatre ou cinq ans, il faisait fondre le châtiment du Ciel sur les pauvres humains, comme s'il voulait les rayer de la surface terrestre. Tornades, pluies diluviennes et torrents de boue emportaient les gens par centaines. ElNiñio venait, puis repartait, c'était comme ça depuis toujours. Si on n'allait pas jusqu'à faire ami-ami, on s'en accommodait, plus ou moins. Mais, depuis que les trésors du Pacifique échouaient dans des chaluts aux ouvertures assez larges pour y faire entrer une dizaine d'avions gros porteurs côte à côte, il n'y avait plus rien à faire, la prière elle-même ne servait plus à rien.
C'est peut-être vrai, pensa Ucañian dans son caballito bercé par la houle, peut-être que je suis bête. Je suis bête et c'est de ma faute. C'est de notre faute à tous, parce que nous nous sommes acoquinés avec un saint patron chrétien qui ne fait rien contre ElNiñio, ni contre les sociétés de pêche, ni contre les accords gouvernementaux. Avant, nous avions des chamans, au Pérou.
Ucañian connaissait par des récits les découvertes faites par les archéologues dans les temples précolombiens près de la ville de Trujillo, juste derrière le Temple de la Lune. Ils avaient trouvé quatre-vingt-dix squelettes allongés, des hommes, des femmes et des enfants, la plupart poignardés. En 560, dans une tentative désespérée d'arrêter la montée des eaux, les grands prêtres avaient sacrifié la vie de quatre-vingt-dix victimes, et El Niñio était parti.
Qui fallait-il sacrifier pour interrompre la surexploitation de l'océan ?
Ucañian frissonna devant ses propres pensées. Il était bon chrétien. Il aimait le Christ et il aimait aussi san Pedro, le saint patron des pêcheurs. Jamais il n'avait laissé passer une fête de san Pedro, quand on transportait sa statue de bois de village en village à bord d'une barque, sans y participer avec ferveur. Et pourtant... Le matin, ils se précipitaient tous à l'église, mais c'était la nuit que brûlait la véritable ardeur. La nuit, sans retenue, on s'adonnait au chamanisme.
Mais y avait-il un dieu capable de venir à leur secours si l'Enfant Jésus lui-même affirmait qu'il n'avait rien à voir avec le nouveau fléau qui s'était abattu sur les pêcheurs, que son influence se limitait aux dérèglements des forces de la nature et que, pour le reste, il convenait de s'adresser aux politiciens et aux lobbies ?
Ucañian leva la tête vers le ciel et cligna des yeux.
La journée s'annonçait belle.
Bien loin de la tourmente d'El Niñio, le nord-ouest du Pérou offrait pour l'instant une image idyllique. Depuis des jours entiers, le ciel était bleu et pur. À cette heure matinale, les surfeurs étaient encore au lit. Il y avait une bonne demi-heure, dès avant le lever du soleil, qu'Ucañian était sorti en compagnie d'une dizaine de pêcheurs, fendant les vagues qui roulaient doucement à leur rencontre. À présent, le soleil montait lentement derrière la brume des montagnes et plongeait la mer dans une lumière pastel. L'immensité infinie, qui, l'instant précédent, était encore couleur d'argent, se teintait de bleu tendre. On devinait à l'horizon les silhouettes de quelques énormes cargos qui avaient mis le cap sur Lima.
Ucañian, indifférent à la beauté du jour naissant, attrapa son calcal derrière lui. C'était le traditionnel filet rouge des pêcheurs en caballito, long de plusieurs mètres et sur lequel était accrochée toute une série d'hameçons de différentes tailles.
Assis sur ses talons dans sa petite embarcation de jonc, le dos bien droit, il inspecta les mailles fines d'un œil critique. On ne pouvait pas s'asseoir à l'intérieur d'un caballito, mais, en revanche, une place généreuse était prévue à l'avant pour le matériel et le filet. La pagaie fabriquée dans un bambou de canne de Guayaquil coupé en deux, comme personne n'en utilisait plus au Pérou, était posée en travers devant lui. Elle appartenait à son père. Il l'avait prise pour que le vieil homme puisse sentir la force avec laquelle lui, son fils, l'enfonçait dans l'eau. Depuis sa maladie, Juan posait la pagaie contre son flanc, et sa main droite par-dessus, afin qu'il la sente - la perpétuation de la tradition, le sens de sa vie.
Il espérait que son père reconnaissait ce qu'il touchait ainsi. Car son fils, il ne le reconnaissait plus.
Ucañian acheva l'inspection du calcal. Il l'avait déjà vérifié à terre, mais les filets étaient une chose précieuse et on ne leur accordait jamais trop d'attention. La perte d'un filet signait votre fin. Ucañian pouvait bien se trouver du côté des perdants dans la partie pipée où se jouaient les dernières ressources du Pacifique, il n'avait pas l'intention de s'abandonner à la moindre négligence, pas plus que de se mettre à boire. Rien ne lui était plus insupportable que la vue de ceux qui avaient perdu l'espoir, qui laissaient pourrir leurs barques et leurs filets. Il savait que si son miroir devait un jour lui renvoyer une image pareille, ça le tuerait.
Il scruta les environs. Le territoire de pêche de la petite flotte des caballitos qui fendaient les flots comme lui, à un bon kilomètre de la plage, s'étendait loin de part et d'autre. Aujourd'hui, les «petits chevaux » ne dansaient pas au gré des vagues comme d'habitude. Il n'y avait que très peu de houle. Les pêcheurs allaient passer les prochaines heures à attendre, patiemment, presque avec fatalisme. À présent, des barques en bois plus grandes s'étaient jointes à eux, un chalutier passa, cap au large.
Indécis, Ucañian regarda ses compagnons, hommes et femmes, jeter à l'eau leurs calcals les uns après les autres en prenant bien soin de les amarrer à leur barque. Des bouées rondes, rouges et brillantes, apparurent bientôt à la surface de l'eau. C'était le moment d'y aller à son tour, mais Ucañian, songeant aux jours précédents, n'arrivait pas à se décider.
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Re: Coups de coeur romans

Message par Fredo le Lun 15 Sep - 19:16

Tonio a écrit:OK, vu comme ça, je comprends mieux la fin du premier... Smile

Allez, hop, un petit scoop pour les aficionados de l'Evangile selon Satan (et vous êtes nombreux, à ce que dit la pub) : j'en écris actuellement l'adaptation BD, avec David Cerqueira au dessin. Ca sortira chez Soleil, mais je ne sais pas encore quand. - 1er tome en 2009 probablement.

[Mode auto-promo off]

Ah je suis super content. J'ai eu l'occasion d'en parler avec Patrick Graham lors du salon du livre de Paris mais il ne m'avait pas donné de nom. Tonio, la prochaine fois que je te croise, je ne te lâche pas de si tôt !
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Re: Coups de coeur romans

Message par Ult Ben Reilly le Mer 17 Sep - 1:44

Tonio, what else, une fois de plus tu nous fumes tous.

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Re: Coups de coeur romans

Message par Fredo le Jeu 18 Sep - 10:22

fanfan a écrit:moi j'ai aimé l'essaim de Frank Schätzing


Voici le résumé :

Des baleines attaquent les touristes sur la côte canadienne, des bancs de méduses extrémement toxiques envahissent les plages, un pêcheur péruvien disparaît en pleine mer sans laisser de traces.... Quel rapport entre ces étranges événements? Sigur Johanson, jeune biologiste, devine l'imminence d'une catastrophe. La recherche de l'origine de ce chaos va alors confronter l'humanité à ses pires cauchemars...

Un thriller écologique qui va faire des vagues !

Je l'ai commencé et j'ai calé, mais je vais le reprendre un de ces 4. A noter que ça doit être la version France Loisir (comme moi) que tu as entre les mains mais il a été édité sous le titre Abysses aux éditions Presses de la Cité :

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Re: Coups de coeur romans

Message par fanfan le Jeu 18 Sep - 12:39

eh oui france loisir , j'y suis abonné depuis des années lol d'ailleur je prefere ma couv !!
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Re: Coups de coeur romans

Message par Fredo le Mer 1 Oct - 18:37


Seul le silence de R. J. Ellory
Traduit de l’anglais par Fabrice Pointeau
Les morts ne sont pas les seules victimes

Joseph Vaughan, écrivain à succès, tient en joue un tueur en série, dans l’ombre duquel il vit depuis bientôt trente ans. Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le corps horriblement mutilé d’une fillette assassinée. La première victime d’une longue série qui laissera longtemps la police impuissante. Des années plus tard, lorsque l’affaire semble enfin élucidée, Joseph décide de changer de vie et de s’installer à New York pour oublier les séquelles de cette histoire qui l’a touché de trop près. Lorsqu’il comprend que le tueur est toujours à l’œuvre, il n’a d’autre solution pour échapper à ses démons, alors que les cadavres d’enfants se multiplient, que de reprendre une enquête qui le hante afin de démasquer le vrai coupable, dont l’identité ne sera révélée que dans les toutes dernières pages.

Plus encore qu’un roman de serial killer à la mécanique parfaite et au suspense constant, Seul le silence marque une date dans l’histoire du thriller. Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, sans concession aucune, R. J.Ellory évoque autant William Styron que Norman Mailer par la puissance de son écriture et la complexité des émotions qu’il met en jeu.

R. J. Ellory est né en 1965. Après l’orphelinat et la prison, il devient guitariste dans un groupe de rock, avant de se tourner vers la photographie. Seul le silence est son premier roman publié en France.

978-2-35584-013-5 • Format : 14 X22 cm • Nombre de pages : 500 • Prix public : 22 euros • Mise en vente : septembre 2008




Seul le silence de RJ Ellory.

« Il te faut juste une première phrase, dit-il. Chaque grand livre commence par une première grande phrase, tu sais ? » P361.

La première phrase du roman de Roger Jon Ellory (en ne tenant pas compte du prologue et du passage qui se passe dans le présent) :

'Rumeur, ouï-dire, folklore. Qu’elle se pose au sol ou qu’elle s’élève dans les airs, selon la rumeur, une plume blanche indiquait la visite d’un ange.' P19.

La vie de Joseph Calvin Vaughan est marquée par les nombreuses visites de cet ange. L’apparition de cette plume blanche est annonciatrice des terribles évènements qui vont parsemer l’existence de ce jeune homme. Il y a un effet papillon lié à cette particule. Cette plume qui va paisiblement se poser sur la main de Joseph, ou s’accrocher à un montant de fenêtre, plongeant celui-ci, dans un tourbillon mélancolique, fait office d’avertissement. Comme la première goutte qui tombe avant l’orage. Une simple goutte, seule et inoffensive, qui vient à notre rencontre. C’est certainement ça le plus effrayant. L’aspect anodin d’un évènement juste avant le grand chambardement. L’ombre avant la nuit.

Cet ange, qui souffle le bon et le mauvais sur son destin, serait-il sa véritable muse ?
(Une douce foi dans les Anges est le titre original de ce cinquième roman de RJ Ellory, mais aussi le titre* d’un roman qu’écrira Joseph Calvin Vaughan.)

Il suffit de quelques pages pour apprivoiser le style d’Ellory et se laisser bercer par cette douce torpeur qui plane dans les pages de son roman. Celui-ci jongle habilement entre douceur et stupeur. La douceur quand Joseph écoute les conseils de son institutrice ou quand il explique à Elena pourquoi elle ne peut pas intégrer le groupe d’Anges Gardiens. La stupeur quand on découvre l’œuvre de la Mort dans l’entourage du gamin, qui rend certains passages véritablement bouleversants.

C’est une narration lyrique mais sans effusions, sans prétentions, à la fois douce et mélancolique, qui tranche avec les passages plus difficiles où la simple description des faits nous glace les sangs. C’est cette empathie que l’on ressent très vite pour le héros qui va nous permettre de nous fondre dans son histoire. On éprouvait déjà le même genre de sentiment en lisant le roman témoignage d’Henri Charrière dans Papillon et Banco. Puisqu’au final, Seul le Silence se trouve être lui aussi en fin de compte le livre témoignage* de Joseph Vaughan.

Le seul bémol du roman est peut être cette fin un peu trop rapidement expédiée, qui propose un coupable sans expliquer le mobile et sans provoquer de véritable stupeur dans l’esprit du lecteur. Mais a-ton vraiment besoin de savoir ? Très vite en cours de lecture, on parvient à se rendre compte que l'identité du coupable devient très vite secondaire. On veut juste savoir comment Joseph va se remettre en selle, comment sa détermination et son destin vont faire en sorte qu'il puisse peut être échapper à la mort qui frappe son entourage.

« Ça s’appelle l’imagination, et l’imagination est un talent vital et nécessaire dans ce monde. […] Vous devez entretenir et cultiver votre capacité à imaginer. Vous devez laisser votre tête s’emplir d’images des choses auxquelles vous pensez et vous les décrire à vous-mêmes. Vous devez faire semblant… » P48.

Un autre aspect formidable du livre, c’est cette graine que l'auteur sème dans la tête des lecteurs qui ont envie d’écrire. Comme Stephen King l’avait fait à l’époque avec Écriture, Seul le Silence nous donne quelques conseils, quelques indices pour tenter de nous lancer à l’eau. Qui n’a jamais eu le désire de se ruer sur un instrument de musique, en lisant un écrivain nous dépeindre la magie provoquait par le contact avec un piano ou un violon. Qui n’a jamais voulu reproduire ces sensations lues, en caressant le bois d’un violon ou les touches ivoire et ébène d’un piano ? Pour l’écriture, c’est la même chose. L’envie de se prendre au jeu nous anime, et l’on peut très vite se retrouver armé d’un crayon, prêt à noircir la feuille blanche d’un cahier, juste pour faire semblant...

Pour vous mettre l'eau à la bouche, voilà par exemple, quelques passages envoutants :

'Je sentis que je me détendais à l’intérieur, comme si en acceptant sa requête je lui avais accordé l’absolution et le pardon. Je ne possédais pas ce pouvoir, mais je compris alors que le pouvoir que l’on se reconnaissait soi-même n’était rien comparé au pouvoir que les autres nous attribuaient.' P94.

« Quand tu aimes quelqu’un, tu le prends en entier, avec toutes ses attaches, toutes ses obligations. Tu prends son histoire, son passé et son présent. Tu prends tout, ou rien du tout. C’est comme ça, Joseph, c’est juste comme ça. » P187

Récemment, l’auteur a eu l’occasion de lire ‘How to write a Novel’ de David Armstrong. Voici l'un de ses passages favoris : « Plus vous travaillez dure, plus vous êtes chanceux. »

J'espère que nous saurons chanceux et que l'on aura très vite, l'occasion de pouvoir relire du RJ Ellory en France.
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Re: Coups de coeur romans

Message par Fredo le Mer 8 Oct - 22:33

L’Apocalypse selon Marie de Patrick Graham


‘Dans la lignée du Fléau de Stephen King …’

Les boniments des éditeurs auront rarement été aussi proches de la vérité. Gilles Haumont était déjà parvenu, dans certains passages de l'Origine du Mal, à nous donner l’impression de remettre les pieds dans un univers connu des fans de romans d’épouvante, celui du Fléau de Stephen King. Patrick Graham, avec l'Apocalypse selon Marie, nous prouve qu’il peut exister en littérature, une sorte d’univers cohérent, où des fenêtres s’ouvrent d’un monde à l’autre.

Tous les ingrédients sont là pour nous rappeler cette filiation : l’éternel combat des forces du bien contre les forces du mal, les incarnations de ces deux communautés qui bougent leurs soldats sur le grand échiquier de la Planète, les manipulations génétiques, l’Armée dépassée par les évènements, les éléments qui s’opposent, la vie mise en valeur par le grand Ravage qui est à l’œuvre, des sacrifices, de l’amour, de l’horreur, etc. Vous nappez tout cela d’une parfaite connaissance de l’univers du Maître, avec régulièrement quelques clins d’œil à son œuvre et la magie opère.



‘Dehors, il le sait, le Grand Ravage a commencé.’ P146.

Ce qui fait également le charme du livre de Patrick Graham, c’est son lyrisme. Durant toute son histoire, il va insister sur la force du souvenir, sur sa bonne et mauvaise influence. Il va mettre en valeur les pouvoirs de Marie, en nous décrivant au travers de différents personnages, l’art de la culture du souvenir et de sa transmission. On n’oubli pas un souvenir, notre cerveau le range et peut le remettre à disposition lorsqu’il est sollicité par un de nos cinq sens. Une odeur, un bruit, une texture, un goût, ou une forme. Une combinaison des cinq omniprésente dans le texte de Patrick Graham. La mémoire d’un souvenir, qui, tel les braises sur lesquels on souffle, réanime le feu des moments oubliés…

« Gordon ferme les yeux et inspire de toutes ses forces. Ça sent la terre, les pierres chaudes, les algues et le limon. […] Des rives boisées qui embaument l’anis et le pignon de pin, des champs qui sentent le blé et le maïs, des rives bordées d’autoroutes qui empestent le bitume et les vapeurs de gasoil. » P129.

« Ça sent la mousse, la résine et les cendres froides. L’aube aussi, cette odeur toute particulière qui accompagne chaque matin la mort des ténèbres. Une odeur sucrée faite de fleur qui s’ouvre, de pierre et de rosée. » P134

Si la mémoire a des tiroirs, le livre a ses chapitres. Alors le lecteur rebondit d’un souvenir à l’autre. Lui aussi est sollicité. Il n’a qu’une envie, c’est de tenter à son tour l’expérience, en respirant des grains de lavande séchés, les arômes d’un jardin fraichement arrosé par une ondée passagère, les copeaux de bois d’un atelier, le bulgomme d’un dessous de table, etc. Et des expériences du genre, l’auteur nous en offre plusieurs :

‘ […] elle a l’impression de redevenir une toute petite fille. Elle sent son esprit se remplir d’odeurs anciennes. Des odeurs de sucette à la menthe, de mercurochrome, de feuilles mortes et de cour d’école. ‘ P213.

‘ […] Marie avait senti son cœur se remplir de souvenirs simples et doux. Des souvenirs d’enfance. Des odeurs de craies et de tableaux noir. Des parfums de colle blanche, d’encre et de papier buvard. ‘ P421


C’est aussi une histoire très émouvante et il y a juste quelques lettres à changer pour qu'elle passe d'émouvante, à éprouvante (pour ses acteurs) et épouvante.
Émouvante par exemple quand Marie est aux côtés de son frère, pour cueillir son dernier souffle ou quand le grand père de Gordon lui donne des conseils pour la pêche :

« - Je ne veux pas que tu me laisses seule.
- Juste deux minutes. S’il te plait Marie, laisse-moi mourir juste deux minutes, ensuite je me réveillerai. » P102.


« Dis donc, Gordie, t’es beaucoup moins con que ton père, tu sais ça ? Il a fallu que je lui explique pendant des jours ce que toi, tu as compris en quelques secondes. Le cacao ? Sacré Gordie-boy ! Maintenant qu’on sait que tu as autre chose que du beurre de cacahuètes dans les méninges, il faut que tu me promettes de ne pas aller à l’école plus de deux jours par semaine. » P127.

Éprouvante et épouvante, quand l’auteur revient aux racines de l’épouvante, en installant une peur viscérale, qui ne va faire que grandir au fur et à mesure de l’histoire. On ne peut pas s’empêcher de penser alors à ces films qui nous auront marqué les années 70 et 80 comme par exemple La Grande Menace avec Lino Ventura et Richard Burton (un clique pour voir l'extrait), où ce dernier parvient à produire d’immense catastrophe rien que par la pensée, et le Prince des Ténèbres* de John Carpenter (un clique pour voir l'extrait), pour l’utilisation maléfiques des pouvoirs du vilain et l’invasion de SDF contrôlés à distance. On pense aussi à Malhorne de Jérôme Camut, pour le passage de relais de la mémoire d’une vie à l’autre, et aussi aux Eveillés, du même auteur co-écrit avec sa compagne Nathalie Hug, pour l’utilisation surnaturel des rêves et la notion de transmission d’un pouvoir ou d’une malédiction ancestrale.



Cela pourrait paraître risquer de jouer avec le mélange des genres mais les CamHug, Patrick Graham ou Franck Thilliez avec l’Anneau de Moebius, nous ont prouvé qu'il était possible de donner des « superpouvoirs » à leurs héros sans leur ôter une once d’humanité. Bien au contraire, c’est le fait de les confronter au surnaturel qui va à la fois mettre en avant ce qui fait leur force et leur fragilité.

Un autre point commun entre ces livres, outre le fait que leurs héros respectifs sont souvent martyrisés, c’est la manière dont les auteurs nous présente leur propre machine à voyager dans le temps. Le héros de Malhorne (via la réincarnation) et de l’Anneau (via des visions de l’avenir), les héros des Eveillés (via le rêve) et ceux de l’Apocalypse dans le temps (via des visions du passé et de l’avenir).



Pour conclure, l’Apocalypse selon Marie est surtout l’occasion pour l’auteur d'écrire un pan important dans l’histoire de son personnage fétiche, Marie Parks. En la confrontant à l’horrible vérité de son passé, il lui donne une dimension qu’elle n’avait pas atteinte dans l’Evangile selon Satan. On a vraiment l’impression d'assister à la véritable naissance du personnage, tant l’envergure qu’elle gagne dans cette histoire est immense.

Le reste du casting n’est pas en reste et c’est un véritable plaisir de voir s’animer tout ce petit monde au fil des pages. Patrick Graham réalise avec ce roman, un énorme bond en avant dans son art. Il nous signale avec l’Apocalypse selon Marie, qu’il fait partie actuellement des auteurs incontournables et qu’il faudra compter sur lui dans les années à venir.

* John Carpenter considère ce film comme la seconde partie de sa Trilogie de l'Apocalypse, la première étant the Thing, la dernière l'Antre de la Folie.


(Je remercie à cette occasion Anne-Sophie Naudin et Stephen Carrière, des éditions Anne Carrière, pour leur gentillesse et leur confiance.)
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Re: Coups de coeur romans

Message par Fredo le Dim 26 Oct - 11:57



# Editeur : Le Passage (2 octobre 2008)
# Langue : Français
# ISBN-10: 284742122X

Lamorlaye (Oise)
Vous rêvez. Vous vous voyez courir dans votre maison, les mains en sang. La gendarmerie vous recherche pour le meurtre d’une fillette que vous ne connaissez pas. Vous vous réveillez. Et vous comprenez que ces rêves sont votre futur. Vous, dans quelques jours...

Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis)
Le corps mutilé d’une prostituée de luxe, enduit de vinaigre. Il semble avoir fait l’objet d’un rituel bien précis. Très vite, l’enquête va plonger Victor Marchal, jeune lieutenant de police tout juste sorti de l’école, dans l’univers des monstres et des maladies congénitales.

Aucune relation entre ces deux histoires, a priori. Et pourtant...



L’Anneau de Moebius de Franck Thilliez.


Voilà, le nouveau thriller mathématique de Franck Thilliez vient de paraitre.
L'auteur avait déjà fait ses gammes avec la Mémoire Fantôme. Il nous confirme là, une fois de plus, sa maitrise des probabilités et des équations à plusieurs inconnues. Parce qu’à la base, qu’est ce que l’agencement d’un roman à suspense si c’est qu’un ensemble d’équation visant à obtenir le bon résultat. On additionne des faits, on soustrait des victimes, on divise l’attention du lecteur, on multiplie les fausses pistes et à la fin, on a la solution. Cela, nous allons dire que c’est la formule de base de tout romancier.

Là où ça devient génial avec un roman de Franck Thilliez, c’est que le lecteur a véritablement une place prépondérante dans son équation, une place plus active que dans un thriller dit « classique ». Il lui présente des théories, des théorèmes, il lui explique comment cela fonctionne et demande à son lecteur de réfléchir. La matière première, c’est notre cervelle, mais pas seulement notre imagination. Il va mettre à contribution notre logique et notre faculté à anticiper, à calculer. Comme un mécanisme d’horlogerie où chaque pièce, chaque engrenage trouve sa fonction et son utilité.

Maintenant, vous allez imaginer que ces engrenages sont des pages, et qu’on ne peut pas se contenter de faire simplement en sorte qu’elles s’imbriquent. Mais aussi faut il que leur assemblage est un sens … 540 pages, 540 engrenages. Presque autant d’éléments dont il faudra surveiller de près la chronologie et les mécanismes, comme le lait sur le feu.

La comparaison avec le métier d’horloger va nous permettre de cerner un peu toute la difficulté et toute l’intelligence qu’il faut pour élaborer une telle histoire. Parce que si l’on part du principe que l’Anneau de Moebius est autant de page que d’engrenage qui s’emboitent parfaitement les uns aux autres, imaginons sa conception, son assemblage. Il a fallut tester, régler, paramétrer chaque élément, chaque moment, pour arriver à ce que le mécanisme entre parfaitement en fonction. Et puis il a fallut tout démonter, pour raconter l’histoire du montage !

La scène à la Poste, devant la boite postale, est dans ce sens édifiante. C’est un des moments clefs du roman où on referme momentanément le livre en tentant de saisir les enjeux de cette révélation. On se retrouve le regard perdu dans le vide, au dessus du livre, à raisonner comme des forcenés, à tenter de cerner la portée de ce que l’on vient de lire.

Une bonne enquête donc, emballer encore une fois dans un super écrin qui devrait ravir ceux qui ont misé sur ce roman pour se faire embarquer dans les méandres du paradoxe temporel.
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Mon coup de coeur

Message par Tessa le Lun 17 Nov - 23:41

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La y a pas à dire mais les bouquins de cet auteurs sont émouvants et très bien écrit.
A lire ! cyclops

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Re: Coups de coeur romans

Message par Fredo le Mer 21 Jan - 3:04


Il y a des chemins qu’on ne devrait jamais quitter. Des ruines qu’on ne devrait jamais fouiller. Et des secrets qu’on ne devrait pas convoiter. A moins d’accepter de mettre en péril l’équilibre du monde. Dans les années cinquante, quatre scientifiques français traversent la jungle vénézuélienne en quête d’une espèce de singe muets. Ce qu’ils vont découvrir va bouleverser le cours de leur vie. Amazonie, de nos jours : Nina Scott dirige une équipe de cueilleurs d’essences rares pour l’industrie américaine. Cette région réputée dangereuse est le terrain de chasse de braconniers sans scrupules et de trafiquants de drogue. Malgré les recommandations des guides qui les accompagnent, Nina s’éloigne de la zone de cueillette et fait une étrange découverte. Les vestiges d’un village abandonné, dans un site magnifique, où les singes sont silencieux et les arbres recouvrent des charniers. Alors que la mort frappe ses compagnons, elle est miraculeusement épargnée. Traumatisée et hantée par un passé quelle refuse d’affronter, Nina Scott refuse d’abandonner, malgré les menaces qui pèsent sur sa vie et celle de ses proches. Des mines d’Emeraudes colombiennes aux bidonvilles de Caracas, des palaces de la côte d’Azur aux confins du désert marocain, Nina va alors se lancer dans une aventure qui pourrait mettre en péril sa vie et bien plus encore.

Pas de couverture définitive pour le moment. En attendant, voici un visuel pour vous faire patienter ... Le roman sera disponible le 01er Avril, sans blague !
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Re: Coups de coeur romans

Message par Fredo le Sam 4 Avr - 18:28

3 FOIS PLUS LOIN DE NATHALIE HUG & JEROME CAMUT
EDITIONS CALMANN-LEVY
DISPONIBLE LE 01ER AVRIL 2009




*… Qui peut dire quand un livre commence et quand il se termine ? Quand il nait et quand il prend véritablement vie aux yeux du lecteur ? Quand il s’anime ou quand il vous nourrit ?

Qui peut dire quand il voyage ? A-t-il pour cela besoin de prendre un train ou un avion ? Ou a-t-il juste besoin, pour cela, d’ouvrir un roman et de tourner les pages ?

Nous sommes habitués à lire des romans d’aventures qui sont assez souvent des versions papiers de « pop corn movies ». Beaucoup d’actions, beaucoup de moyens, une narration très cinématographique, « grand écran ». Là où Nathalie Hug et Jérôme Camut mettent à profit leur art, c’est en racontant cette aventure comme un témoignage. Ce qui a déjà fait le charme de leurs précédents romans, c’est leurs tons psychologiques. En ramenant cette aventure à un niveau humain, les auteurs s’attardent plus sur l’être, que sur « l’organisation » d’un tel périple. Et cela permet au livre de gagner un rythme différent. Le but n’est pas d’arriver vite à destination, mais plutôt de profiter tranquillement du chemin qui va nous y emmener.

« Il n’y a pas de chemin vers le bonheur, le bonheur est le chemin. » Proverbe cité dans Malhorne Tome 1, de Jérôme Camut.

C’est ce qui pourrait décontenancer certains lecteurs et lectrices au début. Les auteurs laissent la majeur partie de leur roman dédié au narrateur. Du coup, cela donne un ton beaucoup plus intimiste à l’histoire, nous éloignant d’une simple vision du roman d’action, pour aller vers un roman d’aventure à l’échelle humaine. Humain pour le cœur et aussi humain entant qu’habitant de la Terre.

Nous prendrons plaisir en lisant ce roman, à imaginer Nathalie Hug et Jérôme Camut, chacun tenant un bras du lecteur, l’accompagnant de manière bienveillante de la première à la dernière page. Tout est parfaitement dosé pour conduire le lecteur à éprouver très vite un élan de sympathie pour l’héroïne. Même si elle pourra nous paraitre puérile, voir gamine, nous avons envie de la protéger et d’apaiser ses tourments. C’est une des clefs du roman : l’empathie. Il y en a d’autres…

L’une des autres clefs, c’est la formidable maitrise des auteurs pour nous retourner. Nous ne serons pas surpris en découvrant le roman, d’émettre quelques réserves sur certains choix narratifs, d’alternances de personnages / flash-back, et même du choix de l’héroïne. En ce qui concerne cette dernière, nous avons vraiment l’impression qu’il y a une passation de « pouvoir » en cours de route. Nous nous demandons même comment aurait été racontée l’histoire du point de vue de l’autre personnage féminin, qui accapare soudainement notre capital sympathie.

Et puis un léger sentiment de frustration pourra vous saisir lors de la lecture des dernières pages.

Logique, rien n’est laissé au hasard.

N’oubliez pas, Nathalie et Jérôme, sont là, à vos côtés, en train de vous surveiller, de guetter et de provoquer ces réactions.

Alors vous allez entamer la lecture de l’épilogue, et terminer de lire sa dernière phrase.

Et vous allez sentir un truc vous envahir. Une euphorie, une chaleur, un sentiment de bien être apaisant, qui gravera un sacré sourire à vos lèvres, bien après avoir reposé le livre.

Quel plaisir de voir comment soudainement le titre prend sa place dans l’histoire et dans l’après lecture du roman …

C’est comme cela que le livre se termine, alors qu’une nouvelle aventure humaine débute. Mais … *
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Re: Coups de coeur romans

Message par Tonio le Sam 4 Avr - 20:33

Ca donne bien envie ! J'aime leur approche... "Le voyage c'est l'aboutissement et l'aboutissement, c'est le voyage" toussa toussa...
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Re: Coups de coeur romans

Message par Fredo le Mar 14 Avr - 16:09


# Traduction : Frédéric Grellier
# Broché: 345 pages
# Editeur : Rivages (13 novembre 2008)
# Collection : Rivages thriller
# Langue : Français
# ISBN-10: 2743618841


Présentation de l'éditeur
La Nouvelle-Orléans, 1907. Une vague de crimes s'est abattue sur Storyville, le quartier interlope sur lequel règne le tout-puissant Tom Anderson. Plusieurs prostituées sont retrouvées mortes. A chaque fois, une rose noire signe le meurtre. Le détective Valentin St. Cyr, protégé d'Anderson, est chargé de faire la lumière sur ces crimes, préjudiciables à la bonne marche des affaires. Très vite, il est confronté à une troublante question : son ami le musicien Buddy Bolden est-il l'auteur des meurtres, comme semblent le penser les autorités de la ville ? Ou quelqu'un essaie-t-il de faire porter le chapeau à ce coupable idéal, cornettiste surdoué, mais aussi alcoolique notoire flirtant avec la folie ?

Dans ce premier volume de la trilogie consacrée au détective Valentin St. Cyr, David Fulmer nous plonge en plein cœur de La Nouvelle-Orléans au début du XXe siècle, avec ses quartiers chauds, ses joueurs de jass, ses parades et son voodoo omniprésent. Il excelle à rendre l'exubérance de cette ville mythique, sa noirceur aussi, à travers le personnage réel de Charles " Buddy " Bolden, l'un des pères fondateurs du jazz, que Louis Armstrong tenait pour un génie.

"Un suspense de premier ordre, situé dans un cadre et à une époque chargés de souvenirs poignants".

Jeffrey Deaver

"Si vous avez envie de vous laisser emporter par une histoire bien menée, n'allez pas chercher plus loin."

Nick Tosches


Liens :
Le site de l'auteur : www.davidfulmer.com
Le site de l'éditeur : www.payot-rivages.net

"Un journaliste local, s’aventurant un soir dans back-of-town pour assister au spectacle, écrivit que Bolden jouait du « bavardage musical », en employant le terme français « jaser » pour donner du relief à son dédain. Le terme fit mouche. Bientôt, tout le monde dans back-of-town comprit ce que cela signifiait quand un orchestre « jassait » les airs."

COURIR APRES LE DIABLE de David Fulmer

C’est toujours intéressant quand nous lisons un livre de découvrir au fil de notre lecture l’ambivalence d’un titre. Dans Courir après le diable, David Fulmer met en scène le détective créole Valentin Saint Cyr à la poursuite d’un tueur. Le titre reprend d’ailleurs l’expression « à force de courir après le diable, on finit par lui attraper la queue ». L’entreprise est dangereuse et qu’elle risque de confronter le héros à des choses de plus en plus difficiles à gérer …

Mais le titre, dont le roman évoque un personnage ayant véritablement existée, Charles « Buddy » Bolden, évoque aussi peut être la manière dont Buddy King a marqué de son empreinte l’histoire du jazz à Storyville et comment cela l’a consumé. Comme si ce dernier avait pactisé avec le diable afin d’apporter cette dose de folie qui lui a permis de faire exploser la musique du genre, au risque de faire également exploser son intégrité mentale. En repoussant les limites imposées par le ragtime et le blues, Buddy King est simplement considéré comme l’inventeur du jazz.

Au fil de notre immersion dans le cœur noire de cette histoire, nous nous rendrons compte que découvrir l’identité du tueur devient vite secondaire et que c’est véritablement Storyville et ses habitants qui deviennent l’intérêt principal du roman.
Courir après le diable est le premier tome d’une trilogie, espérons que nous aurons la chance de pouvoir lire très prochainement la suite des aventures du très attachant Valentin Saint Cyr.

-------------------------------------------------------------

"Bouteilles et briques commençaient à voler quand Buddy surgit dans l’espace de quelques mètres qui séparaient les deux groupes, et se lança à son tour dans la version endiablée de Just a Closer Walk with Thee, que jouait l’orchestre."

Encore une fois, je me permets un petit écart en évoquant la Fin des mystères de Scarlett Thomas, qui, rappelons le, a pour héroïne une jeune femme qui se plait à trouver le fil rouge entre les choses qui, à première vue, n’ont pas de rapport. J’aime faire de même avec les différentes passions qui occupent mon temps libre. Je ne pouvais donc pas passer à côté de cette référence.

La précédente fois que j’ai entendu ce titre, c’était dans la bande originale d’un de mes films préférés, Cool Hand Luke, que l’on doit à Lalo Schifrin.

Just a Closer Walk with Thee est un de mes morceaux favoris. Après quelques recherches sur le net, j’ai appris que le morceau original date de 1941, que c’est un chant gospel traditionnel et qu’il a était repris à de nombreuses reprises. C’est aussi l’un des morceaux les plus joués pendant les « jazz funerals » à la Nouvelle Orléans.
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Re: Coups de coeur romans

Message par Fredo le Sam 2 Mai - 19:32

Pour une fois, ce ne sont pas 2 coups de cœur que je vais publier, mais 2 coups de griffes :


Selon la « théorie des six », énoncée en 1929 par l‘écrivain hongrois Frigyes Karinthy, tout individu sur terre peut être relié à n’importe quel autre par une chaîne de connaissances ne comptant pas plus de cinq personnes intermédiaires. Ainsi, chacun de nous est à six poignées de main de n’importe quel Chinois du fin fond de la Mongolie extérieure. Cet auteur ne s’attendait certainement pas à ce que sa théorie devienne un jour le modus operandi d’un tueur en série.
Julien Dussart lance pourtant ce défi à la police : il annonce qu’il a décidé de tuer « quelqu’un » et que la seule façon de l’arrêter consiste à comprendre sa logique. Qui sera la sixième cible ? La réponse à cette énigme permettrait au commissaire Sophie Pont de sauver les cinq premières victimes. Enfin… quatre. Le premier cadavre est retrouvé, le jeu peut commencer…



Jacques Expert est directeur des programmes de Paris Première. Il a publié en 2007 La Femme du monstre aux Éditions Anne Carrière. Ce livre a été très remarqué par la presse et a obtenu le prix des Romancières de Saint-Louis.

Julien Dussart souhaite assassiner une personne et pour cela, il va utiliser la théorie des six, qui prétend que chaque être humain est relié par n’importe quel autre via cinq personnes intermédiaires. Une fois sélectionné sa cible N°1, il va partir à l’autre bout de la France, assassiner au hasard une personne qui va être sa cible N°6 et tente de remonter la chaîne de personnes jusqu’à sa cible.

Ce roman a un point commun avec Peur Aveugle de PF Husson : l’idée de départ est excellente mais le traitement est véritablement maladroit. Et comme Jacques Expert, je vais tenter de vous l’expliquer en 6 points.

N°1, un tueur cliché.

Le tueur, Julien Dussart, parle à la première personne. Jusque là, pas de soucis. Là où cela devient compliqué, c’est quand vous découvrez au chapitre suivant l’adversaire du tueur, Sophie Pont, Commandant de Police, qui elle aussi, s’exprime à la première personne. En plus de ça, vous rajoutez le fait que les changements de chapitres ne correspondent pas forcément à un changement systématique de narrateur et ça vous donne une idée du chantier : à de nombreuses reprises, vous vous retrouvez à entamer un début de chapitre sans savoir où l’on se trouve ni qui parle … Pourquoi utiliser deux narrateurs à la première personne au risque d’empêcher systématiquement le lecteur de s’identifier à l’un deux ? La réponse est simple, il suffit de voir le point 2.

N°2, une héroïne qui ne l’est pas.

Le tueur est une véritable tête à claque. Vous allez dire, c’est normal, c’est un psychopathe, donc autant charger la mule. Et l’auteur se retrousse les manches pour y parvenir : Dussart est égoïste, mythomane, narcissique, arrogant, raciste, prétentieux, nihiliste, homophobe, xénophobe, insupportable, mièvre, malade, agaçant, etc. Impressionnant, je sais, mais j’ai dû en oublier en route … En toute logique, c’est Sophie Pont qui devrait équilibrer les forces, mais l’auteur prend son lecteur à rebrousse poile en proposant une autre alternative : il va rendre le personnage de l’enquêteur tout aussi insupportable que son tueur. Pont est une peste, un bourreau, un tyran, tout aussi égoïste, narcissique, arrogante, prétentieuse, agaçante que son adversaire.

Cela aurait pu être une alternative intéressante si l’on n’avait pas déjà le problème numéro du JE, qui brouille les cartes. À ce stade, les cartes ne sont plus brouillées, elles sont carrément cryptées … On en arrive au troisième point.

N°3, le lecteur ne peut pas s’identifier.

Si les deux personnages principaux du casting sont détestables à ce point, il va falloir en trouver un troisième qui permettra au lecteur de s’identifier : dans ce cas, il va s’agir de la pauvre secrétaire de Sophie Pont, qui passe ses journées à être humiliée par sa supérieur. Elle va très vite montrer de biens meilleurs dispositions que sa chef pour découvrir et tenter d’assembler les différentes pièces du puzzle. L’ennui, c’est qu’une secrétaire qui joue les Sherlock Holmes en suggérant des idées à sa patronne, ce n’est pas crédible. On se demande ce qu’elle fait là si elle a autant de prédisposition à faire un travail d’enquêteur au lieu de subir le harcèlement moral dont elle est l’objet avec Sophie Pont. Du coup, elle en devient crétine et perd au fur et à mesure de l’histoire la consistance qui aurait pu faire d’elle la clef du roman. À mon humble avis, une des erreurs majeurs de ce roman. Si le lecteur ne peut s’attacher à un personnage, alors il va se tourner vers la théorie en elle-même, personnage central de cette histoire.

N°4, une théorie mal appliquée.

L’idée d’utiliser cette théorie et de l’appliquer à la trame d’un thriller est bonne, autant faut-il comprendre les tenants et aboutissants de cette théorie. C’est là que le bas blesse puisque le passage de la victime 3 à la 1 n’est qu’une succession d’incohérence. Je ne peux pas trop en dire pour ne pas déflorer l’intrigue mais le tueur éprouve des difficultés à sélectionner sa troisième cible alors qu’elle a des liens « inoubliables » avec la 2 et la 1. Psssshiiiiiiiiiiiit, c’est le bruit de l’intrigue qui se dégonfle. Parce que à partir de ce moment, le seul intérêt de l’histoire est de découvrir l’identité de la cible N°1. Mais quand on prend conscience que l’auteur ne maîtrise pas sa création assassine, on commence à se douter que le final va être granguignolesque… Si le but est de nous surprendre, c’est réussit mais à quel prix ? Au point de se tirer une balle dans le pied et de sacrifier la crédibilité du raisonnement qui gère cette théorie… Alors, que reste-t-il ?

N°5, le but, le propos ?

Que nous reste-t-il d’agréable à dire sur le livre, si ce n’est que c’est écrit gros et qu’il se lit très vite ? Un casting antipathique, une trame narrative qui montre très vite ses limites, la question reste : quel est le but de l’auteur ? Proposer autre chose, une alternative, en jouant avec les codes du genre et créant la surprise ? Mais avant de jouer avec les codes, il serait bon de les maîtriser. J’invite les gens qui ont déjà lu le livre à aller voir l’interview de l’auteur sur le site de son éditeur : Jacques Expert parle très bien de son livre, il le vend très bien mais au final, j’ai vraiment eu l’impression que l’on ne parlait pas de la même chose, tant le gouffre est énorme entre le pitch et la réalité de l’histoire.

N°6, l’originalité à quel prix ?

Comme je le disais au sujet de Peur Aveugle de PF Husson, j’ai vraiment l’impression que nous avons affaire à deux auteurs qui sont de bons pitchers (un pitch, c’est l’argumentaire d’un roman, son principe, son point de départ). Mais là où l’on découvre de grosses lacunes, c’est dans le développement. C’est louable de vouloir sortir du lot en proposant des choses différentes, des styles originaux avec des traitements visant à secouer les habitudes du lecteur mais le champ d’opération est très vite restreint quand on découvre que derrière cette manœuvre, l’efficacité et la maîtrise d’un simple conteur n’est pas au rendez-vous. Quand je pense que de jeunes auteurs ne parviennent pas à trouver un éditeur malgré d’excellents manuscrits, je me demande ce qu’il va leur falloir produire pour arriver à attirer l’attention, quand on voit que la chose semble devenir plus aisée pour un directeur des programmes de Paris Première ou un chef monteur, réalisateur de court métrage.
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Re: Coups de coeur romans

Message par Fredo le Lun 18 Mai - 17:47


Au-delà du mal de Shane Stevens

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Clément Baude
« Extraordinaire ! » The New York Times

Le « Citizen Kane » du roman de serial killer

Après plus de vingt-cinq ans de malédiction éditoriale, nous avons le plaisir de vous présenter pour la première fois en langue française Au-delà du mal, de Shane Stevens, l’un des livres fondateurs du roman de serial killer, avec Le Dahlia noir de James Ellroy et Le Silence des agneaux, de Thomas Harris.

À 10 ans, Thomas Bishop est placé en institut psychiatrique après avoir assassiné sa mère. Il s’en échappe quinze ans plus tard et entame un périple meurtrier particulièrement atroce à travers les États-Unis. Très vite, une chasse à l’homme s’organise : la police, la presse et la mafia sont aux trousses de cet assassin hors norme, remarquablement intelligent, méticuleux et amoral. Les destins croisés des protagonistes, en particulier celui d’Adam Kenton, journaliste dangereusement proche du meurtrier, dévoilent un inquiétant jeu de miroir, jusqu’au captivant dénouement.

À l’instar d’un Hannibal Lecter, Thomas Bishop est l’une des plus grandes figures du mal enfantées par la littérature contemporaine, un « héros » terrifiant pour lequel on ne peut s’empêcher d’éprouver, malgré tout, une vive sympathie. Au-delà du mal, épopée brutale et dantesque, romantique et violente, à l’intrigue fascinante, constitue un récit sans égal sur la façon dont on fabrique un monstre et sur les noirceurs de l’âme humaine. D’un réalisme cru, presque documentaire, cet ouvrage n’est pas sans évoquer Le Chant du bourreau de Norman Mailer et De sang-froid de Truman Capote. Un roman dérangeant, raffiné et intense.

Shane Stevens (probable pseudonyme) est né à New York en 1941. Il a écrit cinq romans entre 1966 et 1981 avant de disparaître dans l’anonymat. On ne sait pas grand-chose d’autre de lui.

ISBN : 978-2-35584-015-9 • Format : 14 X 22 cm • Nombre de pages : 500 • Prix public : 23 euros • Mise en vente : avril 2009 Interforum : 406579


« […] la plus belle des ruses du Diable est de vous persuader qu'il n'existe pas ! »
Charles Baudelaire, Petits Poèmes en Proses (bien avant Usual Suspect).

Shane Stevens a écrit Au-delà du Mal (By Reason of Insanity) en 1979. Il aura fallut attendre 30 ans qu’un éditeur opiniâtre (les Editions Sonatine) parvienne enfin à récupérer les droits afin de permettre aux lecteurs français de découvrir cet ovni en matière de tueur en série. Un ovni ? On peut même parler de bible tant il est logique d’en déduire à quel point ce roman a pu influencer un nombre important d’auteurs anglo-saxons.

La grande réussite de ce livre tient autant dans le fond que dans la forme. Avant de rentrer plus en détails sur ces deux points, on félicitera le travail du traducteur Clément Baude, qui permet certainement à cette édition française 2009 de ne pas souffrir d’un décalage frappant quand à l’ancienneté du manuscrit et de l’époque des faits.

Concernant le fond.

L’enfant répondant au de nom de Thomas Bishop est la première victime de ce qui va/peut faire de lui un véritable concurrent direct à l’un des tueurs en série les plus emblématiques que l’on connaisse à ce jour : Jack l’éventreur. Alors que Jack a bel et bien existé, ce personnage fictif va balayer tous les autres existants. Oubliez Hannibal Lecter, Michael Myers, Martin Plunkett, Patrick Bateman, etc.

Durant les dix premières années de son existence, Thomas Bishop, fruit d’un viol, subira le courroux de sa mère, Sarah. Violée à de multiples reprises depuis l’âge de 13 ans, elle a déjà au moment de la conception de son fils une haine sans borne pour le genre masculin. Martyrisé et torturé, le calvaire de Thomas ne s’achèvera que le jour de son internement en hôpital psychiatrique, après qu’il eut assassiné sa mère.
Après quinze années d’enfermement, le cocon psychiatrique va donner naissance à l’un des papillons les plus monstrueux qu’aura connu les USA. Quinze années pendant lesquelles l’esprit malade de cet être va enregistrer tout ce qui sera à sa disposition pour faire de lui un nouvel homme, un phoenix qui renaitra de ses cendres le jour de son évasion …
Et comment réussir à la fois l’évasion parfaite, tout en parvenant à échapper à l’immense chasse à l’homme qu’elle ne manquera pas d’engendrer ? En procédant à la première mue qui va permettre à Bishop de se faire passer pour mort.
De nouvelles identités en nouvelles identités, il va semer la mort pendant neuf mois sur son passage. La seule personne qui sera capable de mettre la main sur lui sera celle qui parviendra à penser comme lui et à faire preuve d’autant d’ingéniosité à le débusquer qu’en aura Bishop à tromper la Police et à approcher ses victimes.

Concernant la forme.

L’angle choisit par Shane Stevens est à la fois simple et épatant. Pour nous permettre de suivre quasiment jours après jours les neufs mois de cavale meurtrière de Bishop, l’auteur va créer une immense toile d’araignée dans laquelle il va placer chacun de ses personnages :
le tueur, les médecins, les victimes, la famille des victimes, la pègre, les journalistes, les politiciens, les policiers et les quidams qui font la jonction entre chacun de ces groupes.
Avec une réelle habileté, Shane Stevens va parvenir à manœuvrer chacun de ces fils d’araignée qui compte autant de marionnettes qu’il y a de personnages dans le roman. Cela va donner un récit très dense et méticuleux qu’il sera difficile d’assimiler rapidement tant le grand nombre d’informations et de personnages, rempli des chapitres très longs.
Oppressant à souhait, on refermera le livre à de multiples reprises pendant sa lecture afin de laisser le temps à notre cerveau de filtrer les données et la violence du récit.
Et puis il y a cette fin … à l’image des 760 pages qui ont précédé … monumentale ! Une seule question nous hantera alors : mais qui est Thomas Bishop ?

P709 : « […] Vous semblez oublier que dans de nombreuses civilisations anciennes, la folie était synonyme de magie. Même aujourd’hui, chez quelques peuplades d’Amérique du Sud, les fous sont considérés comme les véritables sorciers de la tribu, censés ‘comprendre’ ce que le commun des mortels ne peut voir. […]
- Vous ne trouvez pas qu’il a tout d’un sorcier ? Ses désirs monstrueux, son sadisme sexuel, son invisibilité totale… Tout cela relève du surnaturel. Or, qu’est-ce qu’un pouvoir magique sinon un pouvoir surnaturel exercé sur les forces naturelles ? Ma folie absolue de Bishop lui confère justement ce genre de pouvoir absolu. Et si ça, ce n’est pas de la vraie magie, alors, qu’est-ce que c’est ? »
Personne ne lui répondit.
« Que Dieu nous pardonne, annonça lentement Kenton, mais les Thomas Bishop sont devenus les véritables magiciens de notre tribu. »


Un passage intéressant qui me permet encore une fois de faire un parallèle avec le genre et la magie. J’évoquais les talents de magicien d’un auteur pour nous jouer des tours de passe-passe mais quand est-il du tueur insaisissable ? Peut être que c’est la raison qui nous pousse à être fasciné par de tels personnages parvenant à se fondre dans la masse pour mieux disparaître …

Pour finir, je vais évoquer la dernière fois que j’ai ‘virtuellement’ approché le mal incarné, c’était dans le très dérangeant Emprise, film de Bill Paxton.
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Re: Coups de coeur romans

Message par ozz le Mer 20 Mai - 10:36

salut fredo!! avec la somme de bouquin que tu lis... tu as dû aquérir une quantité phénoménal d'infos et de connaissance sur le type de littérature que tu affectionnes. alors la question est : quand est-ce que tu nous en écris un?

c'est une vrai question!!!
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Re: Coups de coeur romans

Message par Fredo le Ven 29 Mai - 12:49

ozz a écrit:salut fredo!! avec la somme de bouquin que tu lis... tu as dû aquérir une quantité phénoménal d'infos et de connaissance sur le type de littérature que tu affectionnes. alors la question est : quand est-ce que tu nous en écris un?

c'est une vrai question!!!

Mais entre acquérir des connaissances et passer à l'acte, il y a un gouffre en ce qui me concerne. Il y a des idées parfois qui viennent noircir un cahier, sait-on jamais. Mais pour l"heure, mon plus grand plaisir, c'est quand des auteurs me proposent de lire leur manuscrit pour donner mon avis, ça c'est kiffant !

Sinon :
Pour les Parisiens et Franciliens, écoutez OUI FM cet aprem, 102.3, entre 13h00 et 17h00, pour entendre les bons plans du week end à venir ...
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Re: Coups de coeur romans

Message par ozz le Ven 29 Mai - 15:08

sans vouloir pousser à la roue... tu peux faire et l'un et l'autre... vue la façon dont tu parles des bouqins que tu lis... je pense que tu es mûre pour te lancer. penses-y sérieusement. Wink
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Re: Coups de coeur romans

Message par Fredo le Jeu 4 Juin - 0:25

Merci Ozz pour les mots sympa !

Sinon :



Il est disponible depuis le 28 mai en format poche aux éditions du Points.
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Re: Coups de coeur romans

Message par Louis le Sam 6 Juin - 16:26

Merci Fredo pour es conseils avisés. Je viens de prendre à Véra le Shane Stevens et l'évangile selon Satan;)

très bonne chronique littéraire;)

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